
L'Amphitryon et l'encan municipal
Comme chaque année, je viens de recevoir mon invitation pour le "Repas des cheveux blancs".
L'an dernier, dans un petit article publié sur ce site, j'avais écrit :
"qu' étant d'un caractère très indépendant, préférant le large, les grands espaces dégagés jusqu'à l'horizon, le chant léger du vent frais frisant la surface de l'eau … je déclinais cette invitation".
Égal à moi-même, cette année encore, je réitérerai mon refus de participer à cette très sympathique réunion !
Un détail cependant, mais en est-ce un ?
La date ! celle du 1er mars !
L'an dernier, c'était un peu plus tard, à la même date que celle d'une compétition de "jeu de pont" où le "maître" excelle et avait obtenu une qualification pour d'autres tournois.
De ce fait, il n'avait pas pu participer à cette agape.
Mon petit doigt, toujours très bien renseigné, m'a soufflé que, cette année, la même compétition aurait lieu aux mêmes dates que celles de l'an dernier.
L'échéance de l'encan municipal approchant, "le maître" ne pouvait être absent à cette assemblée et reproduire ce fâcheux manquement !
Serait-ce la cause de l'avancement de la date du repas des "cheveux blancs" ?
Quelques esprits chagrins y verront une manœuvre électoraliste, voire clientéliste, auprès d'une catégorie sociale qui s'abstient peu aux divers encans proposés par la République.
Il sera là, lui et ses féaux vassaux, à s'empresser autour des "Têtes blanches" et, je n'en doute pas, le festin sera fastueux.
Mais, si le "maître" pense que l'électeur est plus sensible à la satisfaction de ses sens qu'aux argumentations raisonnées, laissons-lui cette responsabilité d'évergète (bienfaiteur aux largesses intéressées) …
Après tout, n'est-ce pas le "Panem et circenses" des empereurs romains cherchant à s'attirer les faveurs du peuple ?
Les retentissants et coûteux feux d'artifice ont simplement remplacé les jeux du cirque.
Posons-nous cependant une question :
Pourquoi la réélection est-elle absolument nécessaire au "maître" ?
Pourquoi le "maître" est-il en permanence en "mode réélection" ?
Pour le sentiment illusoire de toute puissance que donne le pouvoir ?
Ne serait-ce pas plutôt pour des raisons pécuniaires ?
En effet, pas de réélection, plus d'indemnités, pour ne pas dire plus de salaires !
Même si le montant total de ses émoluments est supérieur à ceux généralement perçus par les édiles municipaux, le "maître" n'a pas profité d'une sinécure ; mais sans ces allocations, quels seraient ses moyens de subsistance ?
Il n'y a rien d'honteux à cela, simplement un fait !
Il explique, sans l'excuser, une politique "du tout paraître", la nécessité d'exposer un bilan flatteur en usurpant parfois certaines paternités, des décisions qui pourraient paraître équivoques en faveur de certains projets.
En revanche, ce qui ne serait pas excusable, c'est d'escompter que le corps électoral soit assez stupide pour se laisser berner !
Le penser, serait mépriser le peuple.
Votre dévoué Cadiboron.
Dans la Presse locale cherbourgeoise, le 16 janvier, est paru à la page 22 un très bel article annonçant :
la plus surprenante, la plus extraordinaire, la plus imprévue … (tout le monde connaît cette très originale lettre de Mme de Sévigné) … Le "maître" se représente aux futurs encans municipaux et citoyens.
L'article est accompagné d'une large photographie avec le cap de Carteret en arrière plan ; c'est bien normal puisque la liste s'appelle "Maintenons le cap".
Au passage avez-vous noté l'originalité ? Après "Gardons le cap", "Maintenons le cap" !
Peut-être faut-il y voir le présage de la continuité ?
Il ya quelques jours, en ouvrant ma boîte aux lettres, je découvre un magnifique tract publicitaire, un A3 plié en 2, en couleur et sur un beau papier … Quelle coordination !
Le "maître" nous a habitués à l'autosatisfaction, mais là, il s'est surpassé :
Les pages centrales y vantent les œuvres de sa mandature, s'attribuant, pour certaines, une paternité contestable.
Je laisse à d'autres le soin de démontrer le côté fallacieux de ces déclarations …
Je préfère me pencher sur l'aspect financier d'une telle publication.
Le "maître" est trop malin, il n'aura pas commis l'erreur d'utiliser les services de la chargée de communication de la Mairie pour réaliser le visuel (fort bien conçu d'ailleurs), ni de faire tourner la photocopieuse municipale pour le tirage.
Alors ?
Le recours à un/une graphiste est onéreux, les frais d'impression de 1.500 tracts (au minimum) dans ce format et sur cette qualité de papier ne sont pas minces.
Alors ?
Mon petit doigt qui, vous le savez, est bien renseigné, m'a soufflé qu'un membre éminent d'un Club Nautique situé au fond du port aurait dit en parlant des futurs encans :
"Il va falloir mettre du pognon sur la table !"
Le même ayant largement contribué à l'élection du "maître", on peut légitimement se poser la question :
"Quelle motivation le pousse à agir en faveur du "maître", y trouverait-il un intérêt ?"
Nous n'en sommes qu'au début, attendons-nous à une suite où, n'en doutons pas, l'argent jouera son rôle.
Sera-t-il déterminant ?
C'est aux citoyennes et aux citoyens de ne pas se laisser berner, je n'ose dire "acheter".
Votre dévoué Cadiboron.
Et s'il n'y avait qu'une liste ?
Dans quelques semaines se dérouleront les élections municipales.
Dans l'article de la Presse de la Manche paru le 16/01/2026, les majoritaires sortants y présentent un bilan avantageux sur lequel il faudra revenir en rétablissant la vérité des faits.
Pour être réélus, ils comptent sur un passé qui s'affiche un peu partout. Ils s'enorgueillissent de ces témoins ostentatoires révélant une activité tournée vers le clinquant. Il y a un bonne quinzaine d'années on aurait dit "bling-bling".
Ceux-là n'hésiteront pas à tenter de nous vendre de la "fumée" strictement électorale.
Dans le même temps, d'autres s'interrogent sur un avenir incertain et les moyens de parer à court et à long terme aux inéluctables rendez-vous fixés par la Nature, la baisse démographique et les restrictions budgétaires.
Au cours de la mandature expirante, notre Conseil Municipal, fortement déséquilibré par un système électoral peu respectueux de la démocratie, a été dominé par quelques-uns, voire par un seul imposant ses vues aux "béni-oui-oui" de sa majorité.
Les décisions étant déjà prises en amont, l'assemblée municipale n'a été qu'une chambre d'enregistrement des volontés du "maître".
La "minorité" s'y est exprimée cependant, mais, considérée comme quantité négligeable, elle n'a jamais été entendue.
En balayant toute contestation d'un revers de main, le "maître", refusant le débat démocratique, n'a pas hésité à humilier les 4 élus minoritaires. Ce faisant il humiliait les 45 % de votants que représentait cette minorité.
Souvenez-vous de cette sortie d'André Laignel en 1981 à l'Assemblée Nationale s'adressant à Jean Foyer lors du débat sur les nationalisations :
"Vous avez juridiquement tort, parce que vous êtes politiquement minoritaire".
Cette phrase est lourde de sous entendus dictatoriaux ; la majorité ne donne pas tous les droits !
Le sens de l'engagement pour les affaires publiques s'étant perdu au fil des années, dans notre département, lors des "municipales" de 2020, il s'est trouvé quelques communes où une seule liste était présentée aux suffrages des citoyens.
Qu'adviendrait-il, si d'aventure, notre bonne ville se trouvait dans ce cas ?
Combien de citoyens ont exprimé une réprobation, exposé un grief, souligné un abus de pouvoir, sans vouloir s'engager ?
L'action de l'électeur ne peut se résumer à l'utilisation critique des biens communaux, elle doit aussi être faite d'engagements pour l'avenir de la Cité.
Un désaccord citoyen et argumenté doit pouvoir s'exprimer.
La différence, qui est le moteur du débat démocratique, doit exister.
Sans cette expression, sans cette différence, la porte sera ouverte sans restriction à l'omnipotence d'une majorité totalitaire.
Des voix doivent pouvoir s'élever pour faire rempart aux tentations autocratiques.
Encore faut-il que ces voix existent !
Imaginez le "maître" triomphant sans combat faute d'une deuxième liste.
Imaginez la Cité aux mains d'un "Conseil" au pouvoir sans partage.
Toute liste incomplète ou ne respectant pas la stricte parité sera proscrite par la Préfecture !
Pour ne pas laisser notre commune aux mains d'un seul, aux listes citoyennes et citoyens !
Votre dévoué Cadiboron.